| Corso Magenta La peinture fait son film |
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Photographies : Youval MICENMACHER / © Centre Francilien de l'Innovation La peinture en film c’est moins difficile et c’est bien plus écolo que la peinture à l’eau. Démonstrations dans les coulisses de Corso Magenta. « Je suis un inventeur par nature. Dans ma tête, depuis l’âge de 12 ans j’ai imaginé un tas d’innovations : le système Paypal, la carte Moneo, les box ADSL… D’autres que moi les ont réalisées car pendant longtemps mes inventions n’ont pas dépassé le cadre de mon cerveau. En créant Corso Magenta, je suis enfin passé du côté concret des choses. » Stanislas Chevallier, de la tribu des Géotrouvetout, vient de breveter une peinture à poser qui ne devrait pas tarder à s’inviter dans tous les intérieurs. Le concept ? Une peinture pulvérisée et pré-séchée en usine sur un film sec qui se pose sur les murs comme un revêtement mural.C’est en piochant dans les accessoires de sa femme restauratrice de tableaux que l’idée lui est venue. Un soir de l’année 2003, Stanislas lui emprunte sa colle de peau de lapin, badigeonne la semelle d’un vieux fer à repasser, ajoute une couche d’acrylique, fait chauffer le tout et pose le fer sur le mur. Tel un décalcomanie, la peinture se colle sur le mur et offre un rendu impeccable : Stanislas vient d’inventer la peinture en film. Il lui faudra plusieurs années pour passer de l’expérience maison à une production industrielle. Pour y parvenir, le jeune homme dévore toute la littérature sur le sujet, rencontre des peintres, étudie les possibilités d’un développement industriel et dépose en 2005 le premier brevet. Trois ans plus tard, l’inventeur lâche son emploi de banquier pour se consacrer intégralement à sa trouvaille. « Il était temps, je ne me suis jamais autant ennuyé que dans mon travail à la banque. Pour démarrer, j’ai rencontré le Centre Francilien de l’Innovation qui m’a aidé à développer Corso Magenta, le soutien de leur conseiller, Geoffroy Martin, a été très précieux. » Aujourd’hui, le produit vient tout juste de voir son industrialisation finalisée et les démarches de commercialisation commencent. « Au début, lorsque je présente le projet, l’accueil est plutôt rugueux, les grandes entreprises d’application de peinture me regardent d’un œil sceptique mais l’entretien se termine toujours bien. » Il faut dire que la peinture en film a plus d’un atout dans sa bobine. Elle ne pollue pas : les COV sont éliminés dans 5 fours consécutifs chauffés à près de 140°C et terminent leur course incinérés. Elle ne salit pas : terminé les gouttes de peinture sous les ongles, sur les cheveux et sur le parquet. Elle pèse moins lourd, se pose à toute vitesse, peut également être imprimée, revient 25% moins cher qu’une peinture classique… Et comme si ça ne suffisait pas, Stanislas cherche sans cesse à améliorer le processus pour obtenir une peinture la plus écologique possible. « J’ai toujours été choqué par les personnes qui rincent leurs pinceaux dans leur évier. Il est important pour moi que notre industrie soit la plus propre possible. La peinture en film est garantie sans COV, sans solvant, sans retardateur de séchage, sans tensioactif… » Aujourd’hui, les premières bobines sortent à peine de l’usine que d’autres produits sont demandés par le marché : une préparation de fonds « plus industrielle », des peintures dépolluantes, de la peinture en film déjà encollée… « Je ne suis pas bricoleur, j’ai plutôt deux mains gauches, c’est pour cela que j’invente de nouveaux procédés. » Nous qui avons nos dix doigts bien différenciés, on l’applaudit des deux mains. Hélène Binet |












