| LH Aviation L’aviation écologique déploie ses ailes |
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Photographies : Youval MICENMACHER / © Centre Francilien de l'Innovation C’est un peu une histoire à la Saint-Exupéry. Sauf que les avions du récit fendent la bise et n’ont besoin que de très peu de kérosène. Rencontre avec le petit prince de l’aviation verte.LH-10 Ellipse ? C’est un avion biplace à moteur central et hélice propulsive. Et au-delà du vocabulaire technique, c’est surtout le biplace le plus rapide du monde, le plus aérodynamique et celui qui consomme le moins : 5,5 litres au 100 contre, en moyenne, 11 consommés pour 100 kilomètres parcourus dans les airs. A l’origine de cette performance technique, un rêve de gosse, sereinement ancré dans de réels possibles, et le fruit d’une filiation certaine : le père, lui aussi dans la mécanique, pilotait des Formule 3. Toujours étudiant ingénieur (ICAM), Sébastien Lefebvre n’a que 24 ans en 2004 lorsqu’il fonde LH Aviation, passionné de mécanique, féru d’aventures technologiques et humaines. Pour preuve, deux associations qu’il avait précédemment créées, la première pour concevoir un avion civil 3 places, la seconde pour organiser un meeting aérien au profit d’enfants autistes. Simultanément, il enchaîne plusieurs Tours de France des jeunes pilotes, dont la difficulté des épreuves est à la mesure de ses défis. Atteindre l’excellence, surmonter les difficultés, reconnaître une fascination pour l’inaccessible sont autant d’expressions qui ponctuent le langage du jeune chef d’entreprise, auxquelles s’ajoutent en filigrane, celles liées aux valeurs humaines : donner du rêve, entreprendre en équipe, rester solidaire et tenace. Alors plus que l’automobile, c’est l’avion que le jeune homme a choisi, parce qu’il exige plus de rigueur et de précision. La lucidité est aussi un mot clé de l’aventure : « mon avion est né d’une vision et d’un marché ». En effet, depuis les années 50, la mécanique aéronautique connaît peu de transformations : si l’instrumentation a évolué, le design et la conception n’ont pas changé d’un pouce (l’aviation civile n’intéresse pas les foules). Il s’agira donc pour Sébastien d’affirmer sa différence en concevant un objet volant clairement identifié. Un design et une architecture épurés reconnaissables entre tous. Mais aussi une performance technologique indiscutable : la mécanique est conçue pour être la plus silencieuse possible. L’engin, muni d’une hélice arrière qui le propulse deux fois plus vite, consomme deux fois moins d’énergie et ainsi, s’inscrit dans une démarche écologique ‘raisonnée’. Raisonnée, parce que selon l’ingénieur, le mot écologie n’est viable que s’il est associé à celui de rentabilité. Rentable, son invention l’est puisque le LH-10 est livré en kit et donc vendu moins cher que ses homologues. A ce jour, Sébastien Lefebvre emploie 32 personnes. Un « mariage » heureux, fruit d’un travail collaboratif qui engage chacun des salariés, qui évoluent avec l’entreprise étape par étape. Stéphane Beauvais, conseiller du Centre Francilien de l’Innovation, entre en jeu en février 2009 à un moment clé où l’entreprise est parfaitement structurée, maîtrise son innovation et cherche à externaliser la part de risques pour progresser. Il a pour mission d’apporter le soutien nécessaire à deux projets qui exigent des subventions. Le premier pour transformer le LH-10 en avion à réaction et ouvrir d’autres marchés, le second pour optimiser les parties connexes au moteur, toujours dans une quête d’excellence : amélioration du fuselage et de la pénétration, optimisation du train avant, réduction des vibrations. Fiabiliser ces projets, agir de façon plus préventive que curative, correspond pour le conseiller technologique à procéder par étapes : déterminer les perspectives de marché, conforter la propriété intellectuelle de l’innovation qui doit être validée sur le plan technologique et environnemental. Pour Sébastien Lefebvre, le regard extérieur apporté par le Centre Francilien de l’Innovation a été essentiel : il a permis un retour sur l’existant à la manière d’un label et a donné un coup d’accélérateur aux projets. Au final, deux subventions équivalentes à 50% des capitaux requis ont été accordées par la Région Ile-de-France. Un résultat gage de réussite ? « Je suis très heureux de cette collaboration avec le Centre Francilien de l’Innovation qui nous permet d’avancer, rapporte Sébastien Lefebvre. Mais pour moi, la réussite c’est lorsque chaque aérodrome de France et d’ailleurs aura son LH-10 en piste. C’est mon rêve, il est en marche ». Ferme les yeux petit prince, le projet ne va pas tarder à décoller. Hélène Binet |












