| Laboratoires SERB Le développement durable des médicaments d’urgence |
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Photographies : Youval MICENMACHER / © Centre Francilien de l'Innovation A la direction générale de cette entreprise innovante, spécialisée en toxicologie, et plus particulièrement la mise au point d’antidotes et de médicaments indispensables pour traiter des pathologies rares : Jérémie Urbain, commercial, gestionnaire et financier… Une vraie combinaison gagnante pour faire progresser la science et la médecine d’urgence.Chez SERB, laboratoire pharmaceutique indépendant, c’est un peu la révolution permanente. Une révolution pour rechercher, améliorer ou maintenir à disposition dans les meilleures conditions pour les patients le traitement de pathologies rares et d’urgence, comme les intoxications par exemple, qui en un très court délai mettent en jeu le diagnostic vital d’un patient, et peuvent bien trop souvent lui occasionner des séquelles irréversibles… « Aujourd’hui encore, un grand nombre de maladies restent sans réponse et ne sont toujours pas traitées, parce que trop rares et qu’il est difficile, en raison d’importantes contraintes industrielles, de rentabiliser les investissements nécessaires au développement de leur traitement ! Innover, pour Serb, c’est faire ses meilleurs efforts pour tenter de combattre cette réalité : mettre à disposition de nouveaux antidotes pour des intoxications non traitées qui restent notre premier domaine d’intervention, investir dans des produits issus des biotechnologies, adapter des médicaments aux besoins pédiatriques, par exemple pour les intoxications au plomb, environnementales et domestiques, et améliorer la sécurité d’utilisation de produits en synthétisant des matières premières toujours plus pures. » précise Jérémie Urbain, le directeur général. Ce fils de pharmaciens a repris ce laboratoire pharmaceutique en 2001. « Je n’ai fait ni médecine, ni pharmacie. J’ai un profil commercial et financier et mon objectif depuis 8 ans a été de mettre sur le marché de nouveaux médicaments efficaces et rentables afin de pouvoir sereinement réinvestir en R&D et maintenir sur le marché des médicaments plus matures mais répondant à de réels besoins en terme de santé publique. » SERB s’investit également dans d’autres domaines thérapeutiques qui dépassent le cadre de la médecine d’urgence, comme l’ophtalmologie, les maladies infectieuses ou encore l’endocrinologie. Mais quel que soit le sujet, son idée, sa vision de l’entreprise passe nécessairement par des partenariats forts entre le public et le privé pour pouvoir commercialiser des médicaments essentiels et faire vraiment progresser le développement de nouveaux produits. En médecine d’urgence, la recherche publique doit soutenir l’industrie et vice-versa. Jérémie Urbain juge indispensable d’accompagner ainsi la créativité des chercheurs et en même temps de rester proche du monde hospitalier et des patients. En fait, pour lui, un tel partenariat n’est rien moins que « la seule combinaison adéquate, et efficace, pour les chercheurs, les cliniciens et, évidemment, les patients. » 75 % des ventes des médicaments du laboratoire sont réalisées à l’hôpital, 25% auprès des officines. Depuis de nombreuses années déjà, le laboratoire travaille en parallèle sur des antidotes des intoxications par les armes chimiques, à l’usage des Ministères de la Santé et de la Défense. Et c’est dans ce cadre que le CFI est intervenu. « J’ai aimé travailler avec Caroline Meunier, conseiller du Centre Francilien de l’Innovation. Elle a été d’une grande aide pour nous accompagner dans la réalisation des dossiers de demande de soutien financier à la Région Ile-de-France et a démontré non seulement un intérêt mais une vraie compréhension scientifique du projet ». Le projet de recherche, développé en collaboration avec le Professeur Frédéric Baud, Inserm U705, concernait l’amélioration de la prise en charge des patients intoxiqués par les dérivés organophosphorés présents dans les pesticides, et certains gaz de combat. Opération réussie pour le CFI qui octroie à SERB la subvention demandée. Jérémie Urbain ne compte pas s’arrêter là. Son envie ? Son ambition ? « Poursuivre le développement de nos gammes de médicaments afin d’aider, sauver des patients dans des situations d’urgence, quelquefois extrêmes. Il s’agit d’une niche très restreinte et tous nos médicaments sont nécessairement produits en petites quantités. Nous avons choisi de travailler sur une approche personnalisée du médicament pour répondre spécifiquement à une pathologie rare. Pour autant nous faisons tous nos efforts pour que leur coût reste raisonnable. Notre vision de la recherche et de la médecine d’urgence répond à un engagement sociétal. » En bon gestionnaire, Jérémie Urbain a fait ses calculs : plus son entreprise fructifiera et plus elle pourra développer et élargir sa recherche et, au final, sauver encore plus de vies. A quand un Serbéthon ? Hélène Binet |












