| TET Une histoire de fluides |
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Photographie : Youval MICENMACHER / © Centre Francilien de l'Innovation Faire du chaud avec du froid ou du froid avec du chaud, voilà la principale caractéristique des échangeurs thermiques qui évitent la fuite de calories. Avec la nouvelle technologie développée par TET (Technologie de l'Echange Thermique SAS), ils deviennent en plus durables et recyclables. Comme ça, à première vue, on ne voit pas comment un morceau de plastique peut révolutionner une société. C’est parce que l’on n’y connaît rien à l’univers des échanges thermiques, ces appareils qui permettent un échange de calories entre des fluides de température ou de nature différentes. Dans le cas de l’entreprise TET, le matériau a permis d’accomplir de grands progrès.Il faut remonter à la société 3MW créée par la même équipe pour comprendre toute l’avancée d’un tel procédé. Grâce à un procédé d’échanges thermiques, cette entreprise de désalinisation de l’eau de mer rend l’eau propre à la consommation. Si la technologie fonctionne parfaitement, le modèle économique un peu moins : les pièces rongées par le sel doivent être très souvent remplacées. Jusqu’au jour où l’ingénieux ingénieur Jean-Paul Domen, à l’origine des alambics solaires pour distiller l’eau de mer, a l’idée de remplacer le métal des échangeurs thermiques par du plastique beaucoup moins cher et nettement plus résistant. « Lorsque vous voyez le temps qu’il faut à un sac plastique pour se dégrader en mer, vous comprenez l’intérêt d’une telle matière. En plus, le coût de fabrication est de l’ordre de 30 à 100 fois inférieur à un échangeur métallique de puissance comparable » explique Philippe Bertin, business angel qui soutient l’entreprise depuis des années. « Quand Jean-Paul Domen est venu avec son idée, en bon business angel nous l’avons financée. Puis nous y avons mis le doigt, la main, le bras pour finir complètement concernés. » Et ce n’est pas peu dire. Philippe Bertin est aujourd’hui président de la société.
Ecologique, le plastique ?
« Au salon Pollutec, nous avons eu plus de 150 contacts en 4 jours. Notre invention intrigue et intéresse ! » se félicite Philippe Bertin. « Et avec ce brevet, nous allons pouvoir toucher de nouveaux marchés. Celui de l’automobile, du bâtiment (climatiseur, chauffage et réfrigérateur), des équipements électroniques, de la vinification (qui demande des températures constantes)… » Pour le moment, l’entreprise se concentre sur le recyclage de la chaleur des fumées industrielles. Des échangeurs placés au niveau des fumées permettent de chauffer gratuitement de l’eau. « Nous ne pourrons pas remplacer tous les échangeurs thermiques, précise le président de la société. Notre technologie est bien adaptée pour le recyclage de chaleur à partir des gaz ou des effluents en basse température, c’est-à-dire inférieure à 100°C. » N’empêche, il reste une bonne part du gâteau à se tailler. D’autant que la technologie TET plus verte s’inscrit davantage dans l’air du temps. Il parait même que l’entreprise planche sur l’utilisation de bio-matériaux non dépendants du pétrole. Des échangeurs en amidon de maïs ? Philippe Bertin préfère garder le secret. L’éco-génération ne peut pas révéler tous ses charmes.
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