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ARTEGO ENERGY Les bonnes affaires du solaire |
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Photographie : Youval MICENMACHER / © Centre Francilien de l'Innovation Chauffer son eau au soleil sans faire fondre son porte-monnaie, voilà la proposition d’Artego Energy. Cette nouvelle génération de panneaux combine l’écologique à l’économique.
Sur le papier, le marché est colossal : l’Union européenne prévoit 130 millions de mètres carrés de panneaux solaires pour la production d’eau chaude à l’horizon 2020, soit 6 fois plus qu’aujourd’hui. En réalité, si l’Allemagne continue de caracoler en tête des pays équipés, le reste de l’Union ne lui emboîte pas le pas aussi vite que prévu. En cause ? Le coût des investissements.
« Tous les pays du Sud de l’Europe à qui le solaire thermique rendrait de grands services, n’ont pas les moyens de s’offrir de tels équipements, témoigne Anahita Gignoux, une des associées d’Artego Energy. C’est pour cela que nous avons souhaité commercialiser des modèles plus accessibles. »
Haro sur les tuyaux
Mais comment faire chuter les coûts de production sans toucher à la qualité des produits ? En éliminant les matières coûteuses comme le cuivre, en réduisant le nombre d’éléments utilisés, en allégeant le poids des panneaux et en automatisant la production. C’est ainsi qu’est née une sorte de gaufrier géant sans tuyaux, capable d’intégrer un large volume d’eau augmentant son efficacité thermique. Saint-Gobain, à l’origine de la découverte vend sa filiale fin 2007 à Owens Corning qui ne reprend pas le projet. Les trois associés d’Artego Consult, agence de conseil en énergies renouvelables, persuadés de la pertinence de la trouvaille, décident de donner de nouvelles ailes à leur entreprise. Artego Energy, créée en 2009, reprend alors l’ensemble des brevets, des études et des expérimentations avec la ferme intention de commercialiser le projet.
« Tous nos capteurs solaires respecteront les normes européennes. Nous nous appuierons sur le standard Solar Keymark précise Anahita Gignoux. Notre business plan prévoit 85 000 panneaux de 2 m2 minimum vendus chaque année. »
Léger, démontable, recyclable
« Les 400 pré-séries ont été fabriquées pour la réalisation des tests, explique Anahita. L’Institut national de l’énergie solaire leur a fait passer des épreuves et a montré, qu’à des températures élevées, le panneau perlait, ce qui voulait dire que nous devions revoir les matériaux. C’est pour cette raison que nous sommes allés voir le Centre Francilien de l’Innovation. Les conseillers nous ont incité à étudier les matériaux sous un prisme écologique et nous ont permis d’accéder à l’Aide à l’Innovation Responsable (AIR) mise en place par la Région Ile-de-France. »
Comme pour les premiers panneaux, exit donc cuivre et métaux, trop énergivores. Bienvenue à des matériaux composites recyclables. Plus légers, les panneaux seront plus faciles à installer. La manutention sera moins pénible. Plus sûre aussi. Au final, tous les composants demandent beaucoup moins d’énergie pour être fabriqués (160°C alors qu’il faut 1100°C pour travailler le cuivre) et facilement dissociables les uns des autres, ils sont recyclables en fin de vie. Mieux encore, les panneaux nouvelle génération n’exigent pas une ligne de production propre.
« Les sous-traitants équipementiers possèdent déjà tout l’attirail, assure Anahita. Nous pourrons leur confier la réalisation de nos coques. »
Du coup, l’addition devrait elle-même se faire plus légère : les panneaux seront vendus 20% moins cher que leurs concurrents. De quoi satisfaire l’Espagne qui exige que toute construction nouvelle intègre au moins 4 mètres carrés de panneaux solaires…
Date de création de la société : Artego Consult créé en janvier 2008 a été transformée en Artego Energy en janvier 2009 Chiffre d’affaires : 2008 : 110 K€ 2009 : 50 K€ Personnes dirigeantes : Alain Barrau et Francis Laurent Coordonnées : 18 rue Pasquier 75008 Paris - 01 78 41 40 88 |