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L’air intérieur sous monitoring  © Centre Francilien de l'Innovation Quel temps fait-il dans votre cuisine ? Respire-t-on la bonne odeur du rôti ou s’enivre-t-on d’un cocktail à base de formaldéhyde et de styrène ? Qu’on se le dise : nos cocons ne sont pas aussi purs qu’ils en ont l’air. Démonstration avec Blue Industry and Science qui vient de mettre au point un analyseur de gaz intérieurs.
Saviez-vous qu’un européen occidental passe près des 90% de son temps à l’intérieur ? Que l’air y est en moyenne 5 à 20 fois plus vicié qu’à l’extérieur ? Que certains polluants courants dans nos maisons sont classés « cancérogènes certains » par l’Organisation mondiale de la santé ? Que si l’asthme et les allergies explosent, c’est parce que nos meubles, nos peintures et nos produits ménagers dégagent des gaz nocifs pour la santé ? Heureusement, tous ces composés organiques volatils (les fameux COV) devraient bientôt sortir de l’ombre. Comment ? Grâce au X-FLR8 basé sur une technologie optique inventée par les chercheurs de l’Onera (Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales) et mis sur le marché par la jeune société Blue Industry and Science. « Nous cherchions à valoriser le travail de la recherche publique, explique Julien Roquette, l’un des 3 fondateurs de la société. Lorsque nous avons découvert en janvier 2010 cette technologie optique qui permet, avec un seul instrument, de caractériser en continu les différents composés gazeux d’une pièce, nous avons saisi l’occasion. » Il faut dire que le contexte est largement favorable. La qualité de l’air vient d’être ajouté dans le Code de l’environnement. Le Grenelle II rend obligatoires les mesures de l’air intérieur dans les établissements recevant du public sensible... Et, selon une étude conduite avec le soutien du Centre Francilien de l’Innovation (aide PTR), aucune technologie du genre n’existe encore sur le marché. Aujourd’hui, les relevés de l’air sont particulièrement poussifs. La technique la plus courante consiste à prélever de l’air dans des tubes alors envoyés dans des laboratoires spécialisés. Là, on caractérise à l’aide de produits chimiques les deux principaux polluants, le formaldéhyde et le benzène. « La manipulation prend plusieurs semaines pour seulement deux gaz, explique Olivier Le Mauguen, le deuxième du trio fondateur, alors qu’avec l’X-FLR8 il faut à peine un quart d’heure. » Dans l’air du temps Pour le moment, l’X-FLR8 n’existe que sous la forme d’un prototype. De la taille d’une boîte d’allumettes, il détecte par un système de lasers les 20 gaz les plus préoccupants selon le classement établi par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur. Et ce, même lorsque les quantités sont infimes. Ce monitoring de la qualité de l’air devrait trouver de nombreux débouchés. Les professionnels de la construction, tiraillés entre des contraintes de performance énergétique et de qualité de l’air vont pouvoir retravailler la configuration de leurs bâtiments. « On peut, à terme, imaginer que l’X-FLR8 soit couplé avec des systèmes d’aération explique Julien. Si l’analyseur détecte du toluène par exemple, la ventilation se met en marche. » Les fabricants de meubles sommés depuis peu d’indiquer les polluants sur les étiquettes de leurs produits pourraient aussi se saisir de l’engin pour revoir leurs chaînes de production et supprimer tout ce qui fait tâche. « Il ne faut pas oublier, rappelle Olivier, que le meilleur moyen de réduire les émissions, est de ne pas les produire. Autrement dit, d’utiliser des matériaux et des composants sains. » C’est pourquoi, l’X-FLR8 lui même doit être irréprochable sur un plan environnemental. « Le Centre Francilien de l’Innovation nous a particulièrement accompagné sur cet aspect, confie Olivier. Notre outil est éco-conçu. Grâce à lui, nous évitons de nombreux trajets en voiture car tous les relevés se font sur place, sans transport. » Une innovation qui analyse les polluants intérieurs en préservant notre air extérieur, on ne pouvait pas rêver mieux, si ? Hélène Binet « Le Centre Francilien de l’Innovation nous a permis, dès l’origine du projet, d’adopter les bons réflexes. De penser éco-conception, matières et recyclage. » Julien Roquette, co-fondateur de Blue Industry and Science « Ce projet de détection rapide des polluants de l’air intérieur apporte beaucoup en termes de prévention sanitaire et devrait faire évoluer profondément le secteur. » Thomas Fauvel, conseiller entreprises au Centre Francilien de l’Innovation
Blue Industry and Science en bref
• L’ANNÉE DE CRÉATION 2010 • LES COORDONNÉES Bâtiment 503 Centre scientifique d’Orsay Plateau du Moulon 91400 ORSAY info@blueindustryandscience.com • LE SITE INTERNET http://blueindustryandscience.com • L’ÉQUIPE DIRIGEANTE Julien ROQUETTE, président, fondateur associé Johann Georges DES AULNOIS, directeur général, fondateur associé Olivier LE MAUGUEN, fondateur associé
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